Le PACS Le magazine de la vie à deux
PACS, mariage & union libre

PACS : qui peut se pacser, où l’enregistrer et quels pièges de succession éviter ?

Élise-Armel Caillavet 8 min de lecture

Le PACS, ou pacte civil de solidarité, est un contrat conclu entre deux personnes majeures pour organiser leur vie commune. Il offre un cadre juridique plus protecteur que le concubinage, tout en restant plus souple que le mariage. Avant de signer, il faut comprendre trois points : les conditions pour se pacser, les effets sur les biens et les impôts, puis les règles de rupture ou de décès.

Ce que le PACS change vraiment dans la vie du couple

Défini par l’article 515-1 du Code civil, le PACS peut être conclu par deux personnes majeures, de sexe différent ou de même sexe. Il repose sur une convention écrite et une déclaration conjointe, enregistrées en mairie, chez un notaire, ou auprès d’une ambassade ou d’un consulat lorsque la situation relève de l’étranger.

Comprendre le PACS en 7 questions

Le PACS se situe entre le mariage et le concubinage. Contrairement au concubinage, il crée des obligations légales entre les partenaires. Contrairement au mariage, il ne donne pas automatiquement les mêmes droits successoraux, ni certains droits familiaux attachés au statut d’époux. C’est donc un engagement réel, mais plus contractuel.

Un statut juridique, pas une simple déclaration de couple

Signer un PACS implique une vie commune, une aide matérielle et une assistance réciproque. L’aide matérielle peut être organisée dans la convention : les partenaires peuvent prévoir une contribution proportionnelle à leurs revenus, ou une autre répartition. À défaut de précision, l’aide est généralement appréciée selon les facultés de chacun.

Le PACS produit aussi des effets à l’égard des tiers après les formalités de publicité, notamment par la mention en marge des actes d’état civil. Cette opposabilité signifie que l’existence du PACS peut être prise en compte par l’administration, les organismes sociaux ou fiscaux, et certains créanciers dans les limites prévues par la loi.

PACS, mariage, concubinage : comparaison rapide

Situation Cadre juridique Biens Succession
Concubinage Union de fait, peu encadrée Chacun conserve ses biens, sauf achats communs Pas de droit automatique
PACS Contrat enregistré Séparation des biens par défaut Exonération possible de droits, mais testament nécessaire pour hériter
Mariage Institution avec droits renforcés Régime matrimonial légal ou choisi Droits successoraux du conjoint survivant
LIRE AUSSI  Combien donner pour un mariage : 70 à 100 € par personne pour le repas, selon le lien avec les mariés

Les conditions à vérifier avant de se pacser

Pour conclure un PACS, les deux partenaires doivent être majeurs, capables juridiquement et consentir librement. Le consentement ne doit pas être vicié : pas de contrainte, pas de fraude, pas de volonté simulée. Une personne déjà mariée ou déjà liée par un autre PACS ne peut pas en conclure un nouveau.

Comprendre comment dissoudre un Pacs en toute situation : Cette page officielle explique les cas de dissolution du Pacs et les démarches à suivre en cas de séparation, de mariage ou de décès.

La loi interdit aussi le PACS entre certains membres d’une même famille. Sont notamment concernés les ascendants et descendants en ligne directe, les alliés en ligne directe, ainsi que les collatéraux jusqu’au 3e degré inclus. En pratique, cela exclut par exemple un PACS entre frère et sœur, entre parent et enfant, ou entre oncle et nièce.

Les documents à réunir

Le dossier comprend généralement une convention de PACS, une déclaration conjointe, les pièces d’identité des partenaires et des actes de naissance récents. Le formulaire cerfa n°15725*03 peut être utilisé pour la déclaration conjointe et les attestations sur l’honneur relatives à l’absence de lien de parenté ou d’alliance empêchant le PACS.

Les actes de naissance sont souvent demandés avec une ancienneté de moins de 3 mois lorsqu’ils sont délivrés en France. Pour une personne étrangère née à l’étranger, d’autres justificatifs peuvent être exigés, notamment un certificat de non-Pacs et un certificat de coutume. Ce dernier sert à établir que la personne peut juridiquement conclure un PACS au regard de sa loi personnelle.

Cas des personnes étrangères ou vivant à l’étranger

Lorsque le couple réside à l’étranger, l’enregistrement peut relever de l’ambassade ou du consulat compétent. Si l’un des partenaires est étranger, il faut anticiper les délais d’obtention et de traduction éventuelle des documents. Mieux vaut vérifier les exigences précises auprès de l’autorité qui enregistrera le dossier, car les pièces varient selon le pays de naissance, la nationalité et la situation personnelle.

Où et comment enregistrer son PACS

Le PACS peut être conclu par acte sous seing privé, c’est-à-dire rédigé et signé par les partenaires, puis enregistré en mairie. Il peut aussi être établi par acte notarié. Depuis le 1er novembre 2017, l’enregistrement en France se fait auprès de l’officier d’état civil de la mairie, et non plus au tribunal d’instance pour les nouveaux PACS.

  1. Rédiger ou compléter la convention de PACS.
  2. Réunir les justificatifs d’identité et d’état civil.
  3. Déposer ou présenter le dossier auprès de la mairie, du notaire, de l’ambassade ou du consulat compétent.
  4. Signer la déclaration conjointe et faire enregistrer le PACS.
  5. Conserver la convention et le récépissé d’enregistrement.
LIRE AUSSI  PACS en mairie : les pièces à fournir et le rendez-vous qui évitent un dossier incomplet

Mairie ou notaire : le bon choix dépend du patrimoine

La mairie convient bien aux situations simples : pas de bien immobilier, pas d’enfants d’une précédente union, pas d’enjeu patrimonial particulier. L’acte notarié devient utile lorsque les partenaires veulent sécuriser la rédaction, choisir précisément leur régime de biens, anticiper une acquisition immobilière ou coordonner le PACS avec un testament.

Il faut voir la convention comme un ensemble de clauses liées entre elles. Chaque phrase compte. Une formulation imprécise sur les dépenses communes, l’achat d’un meuble coûteux ou le remboursement d’un crédit peut devenir importante des années plus tard. Avant de signer, relire la convention à partir de situations concrètes aide à repérer les zones floues : qui paie quoi, qui possède quoi, que se passe-t-il si l’un finance davantage un achat commun ?

Biens, impôts, dettes : les effets juridiques à connaître

Le régime légal du PACS est la séparation des biens, prévue notamment par l’article 515-5 du Code civil. Cela signifie que chaque partenaire reste propriétaire des biens qu’il acquiert seul avant et pendant le PACS. En cas de séparation, ce principe simplifie le partage, à condition de pouvoir prouver la propriété des biens importants.

Les partenaires peuvent toutefois choisir le régime de l’indivision des acquêts. Dans ce cas, certains biens achetés pendant le PACS sont réputés appartenir aux deux par moitié, même si l’un a payé davantage. Cette option peut paraître égalitaire, mais elle doit être choisie en connaissance de cause, surtout en cas de revenus très différents ou d’apports personnels importants.

Fiscalité et solidarité des dettes

Les partenaires pacsés forment en principe un foyer fiscal commun pour l’impôt sur le revenu. Ils peuvent aussi bénéficier de règles spécifiques en matière de donations, avec un abattement de 80 724 € entre partenaires, sous conditions. Le partenaire pacsé est également exonéré de droits de succession en application de l’article 796-0 bis du Code général des impôts, mais cette exonération ne signifie pas qu’il hérite automatiquement.

Sur les dettes, le PACS crée une solidarité pour certaines dépenses liées à la vie courante, sauf dépenses manifestement excessives. Les dettes personnelles, professionnelles ou antérieures restent en principe propres à celui qui les a contractées, mais la frontière peut devenir délicate si les dépenses ont servi au ménage.

Succession : le point souvent mal compris

Le partenaire survivant n’est pas héritier légal par le seul effet du PACS. Pour lui transmettre une part de patrimoine, il faut généralement prévoir un testament, dans les limites des droits des héritiers réservataires s’il y a des enfants. C’est l’un des écarts majeurs avec le mariage.

LIRE AUSSI  Mariage sans contrat : pourquoi le partage 50/50 s’applique au divorce

En revanche, le partenaire survivant peut bénéficier de protections ponctuelles, notamment la possibilité de rester gratuitement pendant 1 an dans le logement qui constituait la résidence principale, lorsque les conditions légales sont réunies. Cette protection ne remplace pas une stratégie successorale, mais elle évite une rupture brutale du cadre de vie.

Mettre fin à un PACS sans se tromper

La dissolution du PACS peut intervenir de quatre façons : par accord commun, par décision unilatérale, par mariage de l’un ou des deux partenaires, ou par décès. Le mariage et le décès entraînent une dissolution automatique. En cas de rupture volontaire, des formalités doivent être respectées.

Si les partenaires sont d’accord, ils adressent une déclaration conjointe à l’autorité qui a enregistré le PACS. En cas de décision unilatérale, le partenaire qui veut rompre doit faire signifier sa décision à l’autre par commissaire de justice, puis la transmettre à l’autorité compétente. La dissolution prend effet entre les partenaires selon les règles applicables, puis devient opposable aux tiers après les formalités de publicité.

Partager les biens et solder les comptes

La fin du PACS ne règle pas automatiquement les comptes du couple. Il faut identifier les biens personnels, les biens indivis, les éventuelles créances entre partenaires et les dettes encore en cours. Les factures, relevés bancaires, actes d’achat et preuves d’apport deviennent alors essentiels.

En cas de désaccord, le juge aux affaires familiales peut être saisi pour trancher certains litiges patrimoniaux. Pour éviter d’en arriver là, il est préférable de conserver les justificatifs des achats importants dès le début du PACS et de formaliser clairement les acquisitions communes. Un PACS bien préparé n’enlève rien à la confiance du couple, il évite surtout que les zones grises deviennent des conflits lorsque la situation change.

Élise-Armel Caillavet

Partager cet article

Retour en haut